La démocratie en Afrique subsaharienne, entre héritage postcolonial, désillusion géopolitique et praxis démocratiques endogènes
Réflexions à partir du discours du capitaine Ibrahim Traoré Les déclarations du capitaine Ibrahim Traoré sur la « démocratie » ce jeudi 2 avril 2026 ont fait bondir les médias internationaux qui ont du mal à s’en remettre. Cet article propose une lecture historienne et postcoloniale de ces propos, en les replaçant dans le continuum long de la colonisation, de la construction des États sahéliens postindépendance, de la désillusion géopolitique née des interventions occidentales en Libye (2011), et de l'isolement militaire du Burkina Faso face au djihadisme. Loin de valider le discours autoritaire, j’essaie de mettre en évidence deux thèses : premièrement, que le modèle électoral libéral, tel qu'exporté depuis les années 1990, a été structurellement inadapté aux réalités politiques subsahariennes ; deuxièmement, que des praxis démocratiques endogènes (la palabre, les conseils de sages, les assemblées villageoises) attestent bel et bien de l'ancienneté de la ...